Maladies Neurodégénératives : Grenoble Alpes aide ses chercheurs à valoriser

Santé

12.12.2018

Maladies Neurodégénératives : Grenoble Alpes aide ses chercheurs à valoriser

Le site Grenoble Alpes, membre d’un réseau d’excellence sur les maladies neurodégénératives, s’est demandé comment donner à sa recherche de meilleures perspectives en valorisation. Où se situent les besoins ? Comment y répondre ? Décryptage de la 8ème étude stratégique pilotée par Linksium et 4 établissements partenaires au sein du FNV*…

Avec près de 47 millions de personnes atteintes dans le monde, les maladies neurodégénératives sont aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. En Europe seule, leur prise en charge dépasse un coût de 60 milliards d’euros**, alors même qu’il n’y a pas de traitements curatifs ! Le développement de nouveaux traitements, préventifs et curatifs, est capital et implique la recherche de nouvelles cibles.
Les chercheurs de Grenoble Alpes sont mobilisés sur ces thématiques de recherche. Afin de les soutenir dans la valorisation de leurs travaux et le transfert de technologie, Linksium et l’Université Grenoble Alpes, avec notamment l’appui scientifique du Frédéric Saudou directeur du Grenoble Institut des Neurosciences, GIN,  ont co-piloté une étude stratégique sur cette thématique sous la bannière Link Grenoble Alpes, composé de Linksium et de quatre partenaires : Université Grenoble Alpes, Grenoble INP, Université Savoie Mont-Blanc et le CNRS. L’objectif était triple :

  • Dresser un contexte concurrentiel de l’innovation et de la recherche sur les cibles thérapeutiques et diagnostiques des maladies neurodégénératives
  • Identifier quelques axes de recherche prioritaires pour les maladies d’Alzheimer, Parkinson et Huntington
  • Tirer les enseignements de quelques études de cas de valorisation.

Les cabinets DOWEL Stratégie et ICOSA présentent l’étude stratégique

 

Le 20 novembre, les cabinets de consulting DOWEL Stratégie et ICOSA ont présenté les principales conclusions de cette étude. « Nous avons fait le point sur les essais cliniques, les brevets, les attentes et les besoins du marché, et notamment des laboratoires pharmaceutiques, pour les trois pathologies prioritaires, que sont les maladies d’Alzheimer, Parkinson et Huntington. » décrit Paul Klein, Manager du bureau parisien de Dowel Stratégie.

Quelles recherches pour mieux soigner les maladies neurodégénératives ?

« Ces axes stratégiques et prioritaires sont importants pour une meilleure compréhension et une meilleure prise en charge de ces maladies. » souligne Frédéric Saudou.
« L’approche par l’analyse des brevets montre que les académiques sont surtout présents sur les cibles diagnostiques. » résume Morgane Torchy, Ingénieur brevets biologie chez ICOSA. En contrepoint, le volet traitement, qu’il soit médicamenteux ou à base de dispositifs médicaux, est majoritairement investi par l’industrie, de la start-up à la Big Pharma.
En combinant les analyses des données et des entretiens conduits avec les professionnels, Paul Klein confirme cette observation : « Le rôle de la recherche académique est clairement identifié : c’est le développement des biomarqueurs, qui permettront un diagnostic spécifique de ces pathologies, une meilleure prise en charge des patients et le développement des traitements spécifiques. »

Valorisation : un deal donnant-donnant entre la recherche et le monde industriel

L’industrie est donc en attente de ces apports, qui lui permettront à la fois de rendre ses essais cliniques plus pertinents, en y incluant les bons sujets malades, mais aussi de concevoir des traitements plus efficaces. Cependant, les taux d’échecs élevés des développements en santé, poussent ces industriels à attendre des preuves de concept plutôt solides.
Quant à la recherche, la valorisation lui permet de mieux financer les études, qu’elles soient fondamentales, translationnelles, précliniques ou enfin cliniques. A travers les brevets, elle contribue à mieux sécuriser la propriété intellectuelle des établissements publiques. « Tout ceci est tourné vers le patient, afin d’accélérer le passage des connaissances fondamentales vers les traitements. L’étude est très encourageante pour la recherche à Grenoble Alpes, qui participe à un réseau d’excellence en maladies neurodégénératives. Elle affirme qu’il y des besoins. Cela nous encourage à aller plus loin… et c’est d’autant plus facile, car nous sommes extrêmement bien accompagnés. » retient Frédéric Saudou. ◼

Si vous êtes intéressés par la présentation, contactez-nous !

Cécile Jupin décrit le contexte des études stratégiques de Link Grenoble Alpes

* Fonds National de Valorisation ; ** sources OMS, Frost & Sullivan