Grenoble Alpes récompense le potentiel applicatif des thèses

Multisectoriel

11.06.2018

Grenoble Alpes récompense le potentiel applicatif des thèses

En 2018 le Prix de thèse de la Communauté Université Grenoble Alpes s’enrichit d’une catégorie : le Prix innovation. Gilles Talbotier, le Président de Linksium, y voit une façon de stimuler l’innovation du futur. Décryptage de cette initiative originale en France…

 

Dans le cadre du Prix de Thèse 2018 de la Communauté Université Grenoble Alpes, Linksium et les 4 établissements partenaires du Fonds National de Valorisation – Grenoble INP, l’Université Grenoble Alpes, l’Université Savoie Mont Blanc et le CNRS – décerneront pour la première fois un Prix innovation. De quoi s’agit-il ?

Le Prix innovation s’ajoute aux 7 autres prix de thèse accordés traditionnellement par les 14 Ecoles doctorales de Grenoble Alpes. Au-delà de l’excellence scientifique – commune à tous – il récompense le potentiel applicatif de la thèse distinguée et la motivation du docteur impliqué. A notre connaissance, c’est la première fois en France qu’un prix de thèse récompense la dimension applicative. C’est un signal fort pour la communauté, comme pour les doctorants !

Le Prix innovation est un message de la part de Linksium, qui développe l’industrie du futur, et de ses partenaires. On veut leur dire qu’on apporte la plus grande attention à ce qu’ils font, qu’on est à leur écoute, et que les innovations du futur sont les leurs.

Comment les candidats démontrent ce potentiel applicatif ?

Dans le cadre du clip vidéo que doivent faire les candidats pour postuler au prix de thèse, une réflexion sur une application possible doit être illustrée, que ce soit par des idées sur de futurs clients ou utilisateurs, mais aussi par d’éventuelles premières manifestations d’intérêt. Le candidat doit prouver qu’il a réfléchi aux bénéfices apportés par sa solution : en fonctionnalité, par amélioration de l’existant, voire en coût. On leur demande aussi si leur domaine connaît un contexte qui serait favorable à la valorisation : développement de nouveaux usages, réglementation, enjeux sociétaux… On ne s’attend pas à un schéma applicatif précis, mais à une idée de positionnement et à un questionnement : pourquoi et comment rendre mon innovation la plus perméable au marché. Pour nous, c’est ce qui caractérise une démarche de transfert technologique.

Que gagne le lauréat ?

Le lauréat recevra 1500 euros, comme toutes les autres. En plus, il ou elle, gagne un accompagnement sur mesure par Linksium pour « vitaminer » son projet, et permettre ainsi de le présenter au comité d’investissement de la SATT. Il ou elle bénéficie également de nos formations. Intégrer cette démarche et s’insérer dans notre environnement, c’est multiplier les rencontres avec d’autres personnes impliquées elles aussi dans le transfert de technologies. C’est très-très stimulant.

Quel message envoyez-vous avec cette nouvelle catégorie du Prix de Thèse ?

Les élèves de l’enseignement supérieur, notamment les doctorants, sont une composante importante de la force innovante de nos projets. Le Prix innovation est un message de la part de Linksium, qui développe l’industrie du futur, et de ses partenaires. On veut leur dire qu’on apporte la plus grande attention à ce qu’ils font, qu’on est à leur écoute, et que les innovations du futur sont les leurs.

Quelle place ont les doctorants dans la valorisation et le transfert de technologies ?

Pour nous, l’excellence ne dépend pas du nombre d’années d’études ou de travail. On a besoin de gens créatifs et experts dans leurs domaines. Plus généralement, l’univers de la valorisation, mise autant sur les personnes que sur la science, en perpétuelle mutation. Il est important de positionner chacun, selon ses compétences et son expérience, à l’endroit où il pourra donner le meilleur de lui-même. En voici une traduction chiffrée : sur 76 projets de maturation à l’actif de Linksium à ce jour, 61 comportent un ingénieur de maturation – un CDD – et la moitié d’entre eux sont des docteurs. En maturation, on s’appuie sur la compétence scientifique. En incubation sur les capacités entrepreneuriales, que l’on va souvent chercher hors du noyau scientifique du projet. De cette bonne rencontre entre capacités scientifiques et entrepreneuriales – qui peuvent d’ailleurs coexister chez un doctorant ! – naissent les projets à fort potentiel. De plus, Linksium a fait le choix de privilégier la création d’entreprise pour transférer les travaux de la recherche vers l’industrie. Pour un jeune docteur, c’est un parcours d’un grand intérêt intellectuel ! Il continue à travailler sur une thématique qui lui est chère, tout en s’ouvrant à de nouvelles dimensions : ressources humaines, aspects financiers, commerciaux… Cela lui confère un positionnement transversal. Quelle que soit l’issue de cette expérience, elle sera enrichissante et valorisante. Grâce à notre intervention, le risque associé est limité. Ceux qui interviennent comme ingénieurs de maturation – et ils sont les véritables moteurs du transfert – bénéficient d’un contrat de 12 à 18 mois, en CDD.

Quels enseignements tirez-vous de cette première ? Quel avenir pour le Prix innovation ?

Nous sommes satisfaits. Nous avons eu 6 candidats, issus de 6 écoles doctorales. Le lauréat retenu sera connu le 26 juin, lors de la remise officielle des prix. Ce Prix innovation, créé avec nos partenaires Grenoble INP, l’Université Grenoble Alpes, l’Université Savoie Mont Blanc et le CNRS a pour nous beaucoup de sens. Nous espérons reconduire l’initiative l’année prochaine.

Voir la publication sur le site Doctorat Université Grenoble Alpes : Cérémonie de remise du Prix de thèse 2018