Grenoble Alpes prépare une feuille de route pour valoriser ses atouts dans le domaine de l’électrochimie

Matériaux et chimie

09.07.2018

Grenoble Alpes prépare une feuille de route pour valoriser ses atouts dans le domaine de l’électrochimie

Acteur mondial en recherche dans le secteur du stockage électrochimique, Grenoble Alpes détient encore de belles perspectives en valorisation. Comment l’étude stratégique qui révèle ces conclusions aidera le site à mieux orienter ses efforts de valorisation ? Décryptage de la 7ème étude stratégique pilotée par Linksium et 4 établissements partenaires au sein du FNV*…

Dans l’ère des appareils nomades, des énergies renouvelables intermittentes et du véhicule électrique, l’énergie et son stockage dans des batteries sont au cœur des recherches de nombreux laboratoires et entreprises. Le stockage électrochimique – l’utilisation des composés que l’on peut oxyder et réduire aux électrodes pour produire de l’énergie – est ainsi devenu un sujet stratégique et très concurrentiel !

Grenoble Alpes jouit de plusieurs décennies d’ancienneté sur ces sujets. Son laboratoire phare sur cette thématique, le laboratoire LEPMI (Laboratoire d’Electrochimie et de Physicochimie des Matériaux et des Interfaces), a même été à l’origine de plusieurs innovations parmi les plus importantes sur les technologies type lithium-ion, universellement connues aujourd’hui. Afin de conserver toujours une longueur d’avance, même dans l’ère de « l’après-lithium ion », le LEPMI – et notamment Renaud Bouchet Professeur à Grenoble INP – a co-piloté une étude stratégique avec le FNV* Grenoble Alpes, composé de Linksium et de quatre partenaires : Université Grenoble Alpes, Grenoble INP, Université Savoie Mont-Blanc et le CNRS. Le 25 juin, la communauté scientifique du site, venue en nombre, a appris ses principales conclusions.

L’étude a été confiée à la société TKM, experte en datamining basé sur la recherche sémantique et le big-data. Elle avait trois objectifs. « Nous avons identifié 5 technologies d’intérêt : lithium-métal, tout solide, lithium-souffre, composés redox organiques, magnésium. Nous voulions d’abord effectuer une cartographie mondiale des acteurs travaillant dessus. Puis, nous voulions positionner Grenoble Alpes sur cette base objective et quantifiée. Enfin, nous devions détecter l’intérêt des industriels. » décrit Romain Billet, responsable de l’étude au sein de TKM. Environ 12 000 documents ont été répertoriés au niveau mondial : publications scientifiques, brevets et projets collaboratifs produits depuis 1980. La restitution a révélé des conclusions stimulantes.

Grenoble Alpes, face à des opportunités réelles

« L’étude conclut qu’il s’agit clairement des sujets d’intérêt avec des croissances exponentielles pour les 10 dernières années. Nuance d’importance, on est face à des verrous technologiques. C’est à la fois négatif et positif, notamment pour les laboratoires de la région, parce que c’est autant de perspectives pour leur activité. Ce qu’il faut aussi noter, c’est que les laboratoires grenoblois sont aujourd’hui reconnus comme des experts sur les 5 thématiques ciblées et principalement sur lithium-métal et sur le lithium-polymère. » résume Romain Billet.

Renaud Bouchet se saisit de cette analyse pour souligner : « Finalement nous sommes très bien reconnus par le monde industriel pour nos compétences historiques, mais on souffre d’un défaut de communication, qui fait que les partenaires industriels ne viennent pas forcément nous consulter. »

« Quand le savoir-faire de nos chercheurs est excellent, il faut aussi prendre le temps de le faire savoir. Ces études-là et la suite qu’on va leur donner sont importantes pour faire savoir au plan international la force du site grenoblois. » considère Gaëlle Calvary Professeur et Vice-Présidente Valorisation à Grenoble INP, établissement partenaire du FNV* Grenoble Alpes.

Quelles perspectives en valorisation ?

Instigateur de l’étude, Renaud Bouchet en fait une lecture stratégique : « Le positionnement aval de laboratoires qui travaillent sur les technologies matures, n’est, à mon sens, clairement pas bon. L’étude montre que l’Asie du Sud-Est – la Chine, le Japon la Corée – truste quasiment toutes les premières places sur ces thématiques. Il est donc fondamental pour les 30 prochaines années de se positionner sur des sujets extrêmement amont et très prometteurs de façon à être les premiers à déposer les brevets et à posséder les technologies pour développer le tissu industriel français et européen. »

Comme pour les 6 précédentes études stratégiques, menées dans le cadre du dispositif FNV* Grenoble Alpes, Linksium sera aux côtés des chercheurs pour la suite. « La restitution de l’étude menée par le cabinet est le point de départ d’une deuxième étape, dans le cadre de laquelle à partir des informations collectées nous allons revenir vers les laboratoires, en l’occurrence le LEPMI qui a vraiment été identifié comme un pôle leader dans le domaine de la recherche académique sur ces thématiques – particulièrement le Lithium-métal – et rencontrer les chercheurs à l’origine des inventions et des brevets qui ont été identifiés, afin de voir au cas-par-cas avec les établissements s’il y a matière à monter des projets de transfert qui pourraient bénéficier du soutien de la SATT. » conclut Carole Silvy Directrice du Pôle Maturation de Linksium. ◼

Si vous êtes intéressés par la présentation, n’hésitez pas à nous envoyer un mail.

*FNV : Fonds National de Valorisation